Une série de bandes dessinées sans texte parfait pour les apprentis lecteurs... et les autres!

 
 
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14 octobre 2018

Texte rédigé par Sophie, lectrice compulsive et rédactrice en chef de LPPLT.

Voilà douze ans que sont parues les premières aventures de ce Petit poilu, un drôle de personnage créé par un duo d’artistes – Claire Fraipont, scénariste, et Pierre Bailly, dessinateur – d’abord pour les tout-petits, parce que rien n’existait en BD pour eux. Cette série, qui propose une lecture intuitive, est toutefois pertinente bien au-delà de la petite enfance et nombreux sont les enfants qui, même après l’apprentissage de la lecture, continuent de s’y plonger. Chaque épisode entrainant le personnage principal à la rencontre d’un nouvel univers (et certains sont particulièrement inventifs), on est dans la découverte. En plus, Petit Poilu est attachant : il est curieux, libre, résolument positif, mais aussi attentif aux autres, altruiste, et on aime le suivre dans ses histoires.

Par ailleurs, si ces BD plaisent aux enfants, elles ont aussi plusieurs attraits pédagogiques, le premier étant d’amener le lecteur à « lire » les images. En effet, ici, chaque élément placé dans une case a un rôle dans le récit, rien n’est gratuit ce qui permet aux enfants de s’appuyer sur tout ce qui est montré pour élaborer l’histoire (et, accessoirement, complexifie la tâche du dessinateur). D’ailleurs, la lecture peut être multiple et il peut être intéressant de comparer les versions de chacun : certains remarquent des éléments que d’autres n’ont pas vus! Des cercles de lecture avec des enfants de 4 ans? C’est l’outil parfait puisque chaque tome aborde un thème particulier, parfois plus général comme la nécessité d’affronter ses difficultés, la maladresse, les apparences, mais aussi par moment plus actuel, par exemple avec la problématique des réfugiés abordée dans Chandelle-sur-trouille. Mais c’est tout aussi pertinent avec ceux de 7 ans, qui verront d’autres éléments et pourront développer leurs habiletés en lien avec la structure narrative des histoires.

En effet, il y a une véritable « grammaire narrative » dans chacun des récits, si bien que le lecteur peut s’intéresser au fil conducteur de l’histoire, à son schéma narratif, et développer une habileté de compréhension sans la barrière des mots. La répétition de la structure avec le réveil du héros (et ses variantes), le départ, l’aventure, le moment de dormir, offre un ancrage au reste, beaucoup plus éclaté. C’est d’ailleurs ce qui rend cette série si chouette pour développer son imaginaire, mais aussi son vocabulaire, puisque l’enfant doit s’appuyer sur ses propres mots pour construire le récit.

Cette série est donc pour moi un incontournable dans le cycle d’apprentissage de la lecture parce que l’enfant peut y vivre le plaisir de « lire » seul, sans l’intervention d’un adulte, et sans l’impression qu’il ne comprend pas tout, ce qui peut se produire quand l’apprenti lecteur feuillette des textes qu’il ne parvient pas à déchiffrer, mais que le lecteur qui prend ses marques avec le code peut aussi s’éclater et développer d’autres habiletés connexes. Bonheur!

À noter, les livres paraissent maintenant en trois formats : grand, format BD traditionnel, petit, avec une version poche plus abordable, mais aussi en numérique!  

Pour découvrir le site internet de la série, c'est ici.

Pour lire notre critique du tome 22, Mic-Mac chez Monsieur Range-Tout, c'est ici.

Vous avez trouvé une faute ? Oui, cela arrive. N'hésitez pas à me la signaler à sophie@lpplt.com et je la corrigerai ! Merci et bonne lecture ! :-)
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