Le mystère de Lucy Lost

Par Jean-François Tremblay, enseignant et grand lecteur
 
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À l’été 1915, sur une minuscule ile abandonnée d’un archipel anglais, Jim et Alfie Wheatcroft font une découverte qui bouleversera leur vie. Stupéfaits, le pêcheur et son fils secourent une jeune fille en haillons blessée, malade, seule et extrêmement faible. Misant sur l’aide de sa femme Mary, du docteur Crow et des autres résidents des iles, Jim décide de ramener la pauvre enfant chez lui dans l’espoir de la remettre sur pied. Comme si cette situation n’était pas déjà assez mystérieuse, la jolie fillette blonde demeure muette, à l’exception du prénom Lucy, à peine murmuré. Cela ne facilitera pas la vie sociale des Wheatcroft, surtout quand le seul indice qu’ils possèdent sur le passé de leur énigmatique protégée est un nom brodé sur sa couverture : Wilhelm. Ce n’est pas l’idéal, se faire repêcher avec une couverture portant le prénom de l’empereur allemand quand on est une enfant muette et perdue en plein Royaume-Uni durant la Première Guerre mondiale. Surtout quand on entend « Ces sales Boches tueurs d’enfants! » à chaque coin de rue du village, à l’école et à l’église…

Le Mystère de Lucy Lost retrace l’épopée de Lucy, qui tente de s’adapter dans son nouvel environnement sur les iles Scilly, au sein de sa chaleureuse famille d’accueil, mais parmi des habitants qui lui sont principalement hostiles. Bien que le livre soit assez costaud et parsemé de descriptions plus lentes, Michael Morpurgo garde son récit rythmé, notamment grâce à l’alternance des narrateurs et des péripéties enlevantes. De la vie de Lucy sur les iles à la rencontre de la jeune Américaine Merry quittant pour l’Angleterre à bord d’un immense paquebot, en passant par le journal personnel du docteur Crow, le lecteur résout peu à peu l’intrigue de cette époustouflante histoire, découvrant du même coup un évènement dramatique capital, mais pourtant peu connu, de la Première Guerre mondiale.

L'avis de Jean-François

J’ai été charmé par le changement de narration qu’utilise Michael Morpurgo. Un peu à l’image des deux récits de Après la foudre, de Brian Selznick, les histoires de Lucy et Merry proposées en parallèle dans le roman semblent se répondre en écho. Alors qu‘elles paraissent de prime abord complètement éloignées, les hasards qui les relient surprennent et captivent le lecteur. À chaque changement de décor, l’auteur prend plaisir à laisser son intrigue en suspens… Tout pour cultiver l’avidité de tourner les pages chez le lecteur qui doit, résigné, quitter un monde pour se replonger dans le second, tout aussi fascinant!

Dans les romans où évoluent en alternance deux personnages principaux, il arrive que l’un des deux devienne le maillon faible du roman. Ce n’est pas le cas ici. Michael Morpurgo, à son habitude, réussit à créer des mondes intéressants, dans lesquels le lecteur évolue avec des personnages crédibles et complexes, qui doivent faire face à des choix moraux difficiles et intéressants. « Encore un roman de Morpurgo avec la guerre en toile de fond? » je me disais. Oui. Mais encore un roman qui amène la réflexion plus loin, sur d’autres évènements, et qui est empreint d’humanisme.

On ne s’en lasse pas.


Billet publié le 4 mars 2018.

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Le mystère de Lucy Lost
Michael Morpurgo
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